Afrique, Armements, Conflits et Pauvreté
Environ 300 milliards de dollars gaspillés dans des conflits armés, depuis 1990
Les milliards de dollars manquants pour le développement de l’Afrique sont investis dans l’achat des armes. Les flux d’armes internationaux et le coût des conflits sont les sources premières de la paupérisation du continent. Aujourd’hui, les Africains vivent constamment dans la menace, la peur et la violence. L’idée de vengeance, de méfiance et de guerre, a détricoté les valeurs humaines.
Un jeune africain disait, un jour, à son camarade : « …Je travaille à ce grand essai : Changer les mentalités en Afrique. Mais je n’en finis pas des préambules. Je ne cesse pas de faire le portrait de l’Africain. Il serait temps de me mettre à le peindre tout de bon. Ce qui m’arrête, c’est que je ne crois plus à moi-même. Je ne me sens plus attaché d’une prise assez vive à l’Afrique, à la vie. Je manque de cœur, ou plus exactement, mon cœur ne reconnaît plus son continent. On nous a trop désespérés. La flamme africaine brûle toujours au fond de moi. Mais je ne peux plus ignorer qu’elle brûle pour rien, qu’elle ne réchauffe personne. Il faudrait avoir la force de s’installer dans ce désespoir et de bâtir sur ces ruines. »
La réflexion de ce jeune traduit l’état de catastrophes volontaires dans lequel s’enlise le continent. L’Afrique souffre énormément des conflits et de la violence armée. Outre la tragédie humaine qu’ils provoquent, les conflits armés coûtent environ 18 milliards de dollars par an à l’Afrique, mettant sérieusement à mal le développement.
Les armes les plus utilisés dans les conflits africains sont les fusils d’assaut Kalachnikov ; le plus connu est l’AK-47. La grande majorité de ces armes et de leurs munitions- environ 95%- proviennent de l’extérieur du continent.
Tout le monde se dit conscient de la dévastation des économies africaines qu’engendre la violence armée. Mais personne ne fait rien contre le fléau que cela occasionne. Les différents conflits sont à la base de la dilapidation des ressources en minéraux riches, des ressources agricoles et surtout de la destruction des ressources humaines du continent.
18 milliards de dollars ! L’Afrique ne peut pas se permettre de gaspiller chaque année cet argent pour des causes sans lendemain. Ce montant gaspillé inutilement peut permettre aux Africains de lutter contre le VIH et le Sida, d’investir dans l’éducation des enfants, de fournir de l’eau potable aux populations, de prévenir et de traiter la tuberculose et la malaria, de construire des hôpitaux, des écoles et des routes pour désenclaver les villages et les campagnes.
Les ONG Oxfam, le RAIAL et Saferworld ont, pour la première fois, évalué le coût économique des conflits armés sur le continent. Environ 300 milliards de dollars ont été gaspillés dans des conflits depuis 1990, en Algérie, en Angola, au Burundi, en République centrafricaine, au Tchad, en République démocratique du Congo(RDC), en République du Congo, en Côte d’Ivoire, au Djibouti, en Erythrée, en Ethiopie, au Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Libéria, au Niger, au Nigéria, au Rwanda, au Sénégal, en Sierra Leone, en Afrique du Sud, en Somalie, au Soudan et en Ouganda.
Selon la même source, les coûts proviennent de bons nombres de facteurs. Il y a les coûts directs évidents de violence armée : coûts médicaux, dépenses militaires, destruction des infrastructures et soins apportés aux personnes déplacées. Les coûts indirects qui résultent d’opportunités perdues sont encore plus élevés. L’activité économique faiblit ou s’immobilise. Les revenus qui découlent des ressources naturelles de valeur finissent dans les poches d’individus, plutôt que de profiter au pays. Ce dernier souffre d’inflation, de dettes et de la diminution des investissements, tandis que les populations souffrent du chômage, du manque de services publics et de traumatismes. De plus en plus de personnes, en particulier des femmes et des enfants, meurent des conséquences des conflits, plutôt qu’à cause des conflits eux-mêmes.
D’après les recherches menées dans le cadre du rapport des ONG, il est démontré que le coût des conflits armés en Afrique s’élève à 284 milliards de dollars depuis 1990- un chiffre choquant. Bien qu’élevé, celui-ci est quasi certainement sous-estimé. Tout d’abord, ce calcul ne couvre que les coûts des conflits armés, et non les crimes armés. Ensuite leur calcul ne couvre que les périodes de combats réels, alors certains coûts de la guerre, tels que les dépenses militaires croissantes et les difficultés économiques, ont une incidence bien après la fin des combats. Les pays voisins souffrent également au point de vue économique, à cause de la diminution du commerce, de l’insécurité politique ou de l’afflux des réfugiés.
Bien que le nombre de conflits se réduise, il ne faut se contenter de cela. Trente- huit pour cent des conflits armés dans le monde ont lieu en Afrique et, en 2006, près de la moitié de tous les conflits de haute intensité étaient également situés en Afrique. Il existe toujours des conflits où le nombre de morts reste énorme et qui ont peu de chance de se résoudre rapidement (par exemple, au Darfour, en Somalie), ainsi qu’un nombre considérable de conflits prolongés et latents (par exemple, en Algérie, en République démocratique du Congo (RDC) ) et on observe toujours une tendance à la régionalisation ou à l’internationalisation des conflits (par exemple, le Tchad et la République centrafricaine se sont vus impliqués dans le conflit du Darfour).
Ces conflits sont un obstacle au développement. Paul Collier, professeur d’économie à l’université d’Oxford, définit le conflit comme l’un des quatre « pièges » qui retiennent les pays les plus pauvres du monde dans un état de pauvreté enferment le « milliard d’habitants les plus pauvres » dans une vie de pauvreté, dans des économies stagnantes ou en régression. L’Afrique est plus éloignée des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) que toute autre région et les conflits armés représentent un facteur important dans cet état de fait. En comparaison avec les pays en paix, les pays africains en conflit ont, en moyenne :
- 50% en plus de mortalité infantile ;
- 15% en plus de personnes sous-alimentées ;
- une espérance de vie réduite de cinq ans ;
- 20% en plus d’analphabétisme des adultes
Si la violence armée est si coûteuse et que la plupart des armes proviennent de l’extérieur, l’Afrique doit donc arrêter, de manière urgente, le flux d’armes qui parvient aux personnes commettant des abus des droits de l’homme et ignorant les règles de la guerre.
Il est urgent de réduire l’approvisionnement international en armes et munitions vers l’Afrique. Dans le cas contraire, le coût pour le développement du continent- qui ne se mesure pas seulement en dollars, mais également en vies brisées et en opportunités perdues- restera immense.
Pour mémoire, il faut souligner qu’en Afrique de l’Ouest, on dénombre depuis 1990, 3millions de victimes tombées sous les armes légères, et ce, dans les conflits en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée et dans d’autres pays de la sous-région.
Le drame est que beaucoup de ces armes qui ont servi à faire des guerres fratricides, circulent aujourd’hui librement dans des mains et alimentent l’insécurité sur le continent. De nos jours, environ sept millions d’armes légères et de petit calibre circulent illégalement dans les pays de l’Afrique centrale, selon une estimation faite en 2007, par le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique.
Sossé SOSSOU
(Source : Oxfam, le RAIAL, Saferworld)


La Turquie va adhérer au Groupe de la BAD
Tunis, 28 mars 2008 – Le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) vient d’approuver la demande de la Turquie à devenir un membre de la BAD. Le Conseil a aussi approuvé l'autorisation d'une augmentation spéciale du capital de la Banque pour faciliter l'adhésion de ce pays. Ces décisions seront entérinées par le Conseil de Gouverneurs, lors des Assemblées Annuelles de l'institution, à Maputo, au Mozambique, qui se tiendront du 14 au 15 mai 2008. Cela permettra à la Turquie de souscrire au capital de la Banque en vue de devenir le 25eme membre non-régional et 78eme membre du Groupe de la Banque. Le Conseil d'administration avait approuvé sa première demande en 1991 mais les formalités nécessaires à l’adhésion de ce pays n’avaient jamais été accomplies.
Au cours du débat du Conseil d’administration mercredi, 26 mars, à Tunis, le Président de la BAD, M. Donald Kaberuka, a cité la position de Turquie entre l'Ouest et l'Est, ainsi que le vif intérêt de son gouvernement de participer au développement du continent comme des atouts irrésistibles pour valider son adhésion au sein du Groupe. D’autres administrateurs ont fait état d’immense progrès accomplis par la Turquie dans les domaines économique, ’éducatif et culturel en Afrique comme autant d’indications du rôle positif que le pays pourrait jouer dans l’effort du développement du continent.
La Turquie est un pays euro-asiatique qui s’étend de la péninsule Anatolienne dans l'Asie occidentale à la région balkanique d'Europe du sud-est. Son emplacement stratégique sert de lien entre deux continents. Sa culture relève d’un mélange unique de la tradition de l'est et de l'ouest. Une présence régionale puissante dans l’aire euro-asiatique avec une forte influence historique, culturelle et économique entre l'Union européenne en l'Asie de l’ouest et Centrale, dans l'est, la Russie au nord et le Moyen-Orient, au sud, ont contribué à amplifier sa position stratégique. Avec une population de 70,5 millions (2007) et un taux de croissance du PIB de 7.4% entre 2002 et 2007, la Turquie est parvenue à acquérir une place stratégique incontournable.
Le Groupe de la BAD est composé de 53 pays africains (Membres Régionaux) et 24 membres non-régionaux--Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Chine, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Corée, Koweït, Hollande, Norvège, Portugal, Arabie saoudite, Espagne, Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d'Amérique.
Au moins trois autres pays ont signalé leur intention de devenir membre du Groupe de la BAD, ce qui témoigne la détermination de la Banque à devenir la première institution de développement et le canal privilégié pour le financement du développement du continent.
CONTACTS: Felix Njoku E-mail:f.njoku@afdb.org
4 Unité de Relations Externes et de la Communication – Tel.: +216 71 10 26 98 – Fax: +216 71 10 37 52 – E-mail: comuadb@afdb.org 3
CONTACTS: Felix Njoku E-mail:f.njoku@afdb.org
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Une nouvelle étude de l’OCDE montre que l’alourdissement automatique
de la fiscalité touche plus certains contribuables que d’autres
Depuis quelques années, les ménages avec enfants en Australie, Hongrie, Irlande et NouvelleZélande paient moins d’impôts en pourcentage de leur revenu, grâce à des mesures fiscales en faveur des familles, mais les salariés d’autres pays de l’OCDE, dont la Corée, la Grèce, l’Islande et le Mexique, sont plus fortement taxés en raison du phénomène dit d’alourdissement automatique de la fiscalité.
En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la part des impôts et des cotisations de sécurité sociale en pourcentage des coûts totaux du travail a légèrement baissé pour la plupart des niveaux de rémunération entre 2000 et 2006, selon la dernière édition de la publication annuelle de l’OCDELes impôts sur les salaires. Néanmoins, les salariés de certains pays supportent des prélèvements identiques ou plus élevés, car ils sont passés dans des tranches d’imposition à taux supérieur du fait de l’augmentation de leur rémunération, ou parce que la valeur de certains abattements ou de certaines déductions, notamment au titre des enfants, s’est érodée.
Dans de nombreux pays de l’OCDE, la rémunération moyenne à plein temps a considérablement progressé entre 2000 et 2006, la dernière année pour laquelle on dispose de données comparables, puisque neuf pays – Corée, Grèce, Hongrie, Islande, Mexique, Portugal, République slovaque, République tchèque et Turquie – ont enregistré des hausses nominales supérieures à 40 %. Dans les pays où l’impôt augmente progressivement par tranche de revenu imposable, le relèvement des salaires au titre de l’inflation peut accroître la ponction fiscale, phénomène appelé « alourdissement automatique de la fiscalité », à moins que les tranches ne soient ajustées pour compenser l’inflation.
Même si, au cours de la période examinée, de nombreux pays ont abaissé leurs taux nominaux d’imposition ou introduit des allégements plus généreux, ces mesures n’ont souvent pas permis de réduire de manière significative l’impôt dû par les salariés. L’effet d’alourdissement automatique était particulièrement marqué lorsque les taux augmentent fortement à mesure que s’accroît la rémunération, ou lorsque la progression de la rémunération était supérieure à la moyenne.
Dans les pays de l’OCDE, les réformes fiscales ont eu tendance à bénéficier aux bas salaires. Dans quelques pays néanmoins – Allemagne, Australie, Canada, Corée,EtatsUnis, Islande, Luxembourg et Norvège , ce sont essentiellement les contribuables les plus aisés qui en ont profité. En outre, les titulaires de bas salaires peuvent en définitive payer plus d’impôts si les allégements fiscaux ciblés, comme les prestations ou crédits d’impôt liés à l’exercice d’un emploi, ne sont pas ajustés pour tenir compte de l’inflation. Lorsque de tels allégements fiscaux existent, l’alourdissement automatique peut réduire leur valeur, avec des répercussions particulièrement fortes sur les bas salaires.
En Allemagne, par exemple, la charge fiscale des contribuables non mariés dont la rémunération est inférieure ou égale à la moyenne n’a guère évolué entre 2000 et 2006, malgré les réformes fiscales. AuxEtatsUnis, les contribuables qui se situent dans les tranches supérieures de revenu ont vu leur ponction fiscale baisser de 1.6 point de pourcentage environ et ceux dont les gains sont inférieurs ou égaux à la moyenne ont constaté peu de changement, tandis qu’en Corée, en Grèce et au Mexique, le niveau d’imposition de pratiquement tous les contribuables s’est accru, malgré les réformes fiscales mises en œuvre pendant la période examinée (voir le tableau 1).
La publication Les impôts sur les salaires compare les prélèvements obligatoires dans les différents pays mesurés par le « coin fiscal », à savoir la différence entre les coûts de main-d’œuvre pour l’employeur et la rémunération nette après impôt du salarié, majorée des prestations en espèces éventuellement versées au titre de programmes publics de protection sociale.
En 2007, parmi les pays de l’OCDE, les coins fiscaux – impôts sur le revenu et cotisations de sécurité sociale – pour un célibataire dont la rémunération est égale à la moyenne étaient les plus élevés en Allemagne, en Belgique et en Hongrie, et les plus faibles en Corée, au Mexique et en NouvelleZélande. Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, la charge fiscale était la plus élevée en Grèce, en Hongrie et en Turquie, alors qu’elle était la plus faible en Irlande, en Islande et en NouvelleZélande, l’Irlande versant même une prime, sous la forme de prestations généreuses, par rapport au coût de maind’œuvre pour l’employeur.
En 2007, les célibataires sans enfants percevant le salaire moyen dans le secteur des services et les industries manufacturières supportaient un coin fiscal équivalent à 55.5 % du coût de leur travail pour leurs employeurs en Belgique, 54.4 % en Hongrie et 52.2 % en Allemagne, contre 15.3 % au Mexique, 19.6 % en Corée et 21.5 % en NouvelleZélande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 37.7 % (voir le tableau 2).
Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, le coin fiscal allait de 43.8 % en Hongrie, 42.7 % en Turquie et 42.6 % en Grèce, à -1.1 % en Irlande, 2.8 % en NouvelleZélande et 11.4 % en Islande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 27.3 % (voir le tableau 3).
Les journalistes peuvent obtenir une copie du rapport auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. + 33 1 4524 9700).Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Christopher Heady, Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE (tél. + 33145249322).
Le rapportest en vente en format papier ou en format électronique via la Librairie en ligne de l’OCDE. Les abonnés et les lecteurs des institutions abonnées peuvent consulter l'étude via
SourceOCDE.

La BAD reçoit 45 millions de NOK pour les programmes de l’IPPF-NEPAD
Le gouvernement norvégien a engagé 45 millions de NOK en faveur du Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) sur la période 2007-2009. Selon un communiqué récemment signé par M. Thorbjorn Gaustadsaether, Ambassadeur de Norvège en Tunisie, et contresigné par M. Modibo Touré, Secrétaire général de la BAD, la Banque a établi un programme d’activités pour le décaissement de ces fonds jusqu’en octobre 2009 : présentation de deux rapports annuels au Comité de surveillance de l’IPPF-NEPAD approuvés par le Conseil d’administration et de deux rapports d’activités semestriels. La première des cinq tranches a été décaissée le 20 décembre 2007 et le dernier décaissement devrait intervenir en octobre 2009.
Saluant cette première contribution du gouvernement norvégien, Mme Rosalind Thomas, Directrice du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce au Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré que « Cette initiative est une étape essentielle pour donner à l’IPPF-NEPAD les moyens d’accomplir sa mission. Elle démontre l’intérêt croissant suscité par le développement de l’infrastructure en Afrique. Nous remercions le gouvernement norvégien de cette contribution qui servira à financer la préparation d’importants projets d’infrastructure régionale en Afrique ».
Actuellement financé par le Canada et le Danemark, le Fonds spécial IPPF-NEPAD permet aux pays membres régionaux (PMR), aux communautés économiques régionales (CER) et à d’autres institutions intervenant dans le développement de l’infrastructure régionale à préparer des projets d’infrastructure régionale dans les domaines de l’énergie, de la gestion des ressources en eau transfrontières, du transport et des technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2007, le Fonds a mobilisé 22,5 millions de dollars et attend en 2008 une contribution de 6 millions de livres du DfID (Royaume-Uni) et de 2 millions d’euros de l’Allemagne pour le renforcement des capacités de développement de l’infrastructure dans les CER. Il cible, en outre, des pays comme le Japon, la Chine, l’Inde et un certain nombre de pays africains en vue de leur contribution. La BAD envisage de lui verser une contribution financière sur son revenu net.
L’IPPF-NEPAD soutient les activités du cycle des projets en vue de l’instauration durable d’un environnement propice au développement, de l’infrastructure et à la participation du secteur privé. Le Fonds apporte son concours aux initiatives de renforcement des capacités institutionnelles en vue de la mise en place d’un cadre porteur pour le développement de l’infrastructure. Les activités éligibles au financement sont les services de conseil, les études, l’assistance technique, les ateliers, les séminaires et, d’une manière générale, toute autre activité à caractère consultatif, technique et opérationnel ayant trait à la préparation de projets et programmes de développement de l’infrastructure dans le cadre du NEPAD.
L’IPPF-NEPAD
À la demande du Comité des chefs d’État et de gouvernement (HSGIC) chargé de la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en novembre 2001, la BAD a établi un programme de mise au point rapide des projets d’infrastructure nécessaires à l’accélération de l’intégration économique sous-régionale et continentale. C’est sur la base de ce programme – le plan d’action du NEPAD pour l’infrastructure – que le Fonds canadien pour l’Afrique (FCA) s’est engagé à créer à la Banque le Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) et a octroyé un don de 10 millions de dollars canadiens destiné à soutenir les activités de la Banque allant dans le sens de l’initiative du NEPAD, en particulier le développement de l’infrastructure. En plus d’abriter le fonds au sein du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce, la BAD fournit depuis 2001 une assistance technique et des services de conseil à l’appui de la mise en œuvre de l’initiative. Les ressources de l’IPPF-NEPAD ne sont pas liées et servent à préparer des projets et programmes d’infrastructure dans le cadre du NEPAD.


L’Afrique, la Dette et le Développement
La dette extérieure est en hausse depuis des décennies. Elle se chiffre en des milliers de milliards. Comme les milles promesses relatives à sa suppression n’ont jamais vu le jour, elle continue d’augmenter. Elle entrave le développement en détournant des sommes énormes d’un usage productif et en obligeant les Etats d’Afrique à adopter des politiques économiquement axées sur la gestion de la dette plutôt que sur un développement équilibré à long terme.
La recette classique du développement est d’emprunter de l’argent pour investir dans l’industrie, l’éducation et la croissance en général. Le paiement de la dette est censé reposer sur les futurs revenus engendrés par ces investissements. Mais, en Afrique, une gestion déplorable et des investissements malencontreux ont favorisé des projets sans avenir qui n’ont pas contribué à un développement équilibré ni généré de revenus suffisants.
Et, les Etats doivent maintenant rembourser sans pour autant disposer des revenus nécessaires ni d’une économie en expansion. Handicapés par les conséquences d’investissements erronés et les exigences de leurs créditeurs, ils sont incapables d’orienter leurs dépenses vers des améliorations à long terme de leurs infrastructures, et leur développement est étranglé.
Avec 10 milliards de dollars d’investissement dans le rendement énergétique et les nouvelles sources d’énergie sur le continent, par exemple, on obtiendrait 1750 milliards de dollars d’économie sur trente cinq ans tout en réduisant la pollution mais personne ne fait cet investissement. Une étude de la Banque mondiale montre que les investissements dans l’alphabétisation des femmes auraient un taux de rendement de 20% par an et favoriseraient une baisse de la mortalité infantile et une plus grande égalité, mais rien n’est fait dans ce sens non plus. Les occasions manquées de ce type sont nombreuses.
Aujourd’hui, les niveaux d’endettement restent préoccupants. La crise de la dette accélère le processus de paupérisation. Car le stock de dette, de plus en plus pesant, continue à faire obstacle à un retour des politiques orientées vers le développement.
Même si le financement international essaie de s’adapter à la situation, il demeure douteux qu’il soit en mesure de promouvoir le développement et la démocratie sur le continent africain. Car malgré les multiples remises de dettes et la transformation en dons de la plupart des financements extérieurs, les indicateurs d’endettement des pays africains se détériorent d’année en année.
Pour que la dette soit remboursée, il faut que nos pays endettés dégagent des excédents commerciaux vis-à-vis des pays créditeurs. Cela implique une croissance rapide des exportations de nos pays vers les pays industrialisés. Malheureusement, les importations de nos produits ne représentent qu’une très faible partie de la demande totale dans les pays du Nord.
redaction@lafriqueliberee.info


Le Développement Durable
Le nouveau slogan de la mondialisation
Tous les politiques émaillent leurs discours truffés de démagogie, de très belles idées qui parlent de Développement Durable. Mais l’homme de la rue s’interroge et demande ce que cela signifie. Mieux les ¾ des populations déclarent n’avoir jamais entendu l’expression « développement durable ». Pendant notre enquête sur le terrain, nous avons compris que parmi ceux qui connaissent cette notion, très peu sont ceux qui savent réellement de quoi il s’agit. Pour éclairer la lanterne des uns et des autres, nous nous sommes sacrifiés à l’exercice d’explication.
Le concept de développement durable est né en 1980 d’un constat très simple : le développement humain ne peut-être guidé par les seules considérations économiques, il est nécessaire de respecter certaines exigences sociales et écologiques. En 1987, le rapport de ‘’Notre avenir à tous’’ baptisé le Rapport Brundtland, du nom de l’ancienne présidente de la commission mondiale sue l’environnement et le développement, établi pour l’ONU définit pour la première fois le développement durable comme ‘’un développement qui s’efforce de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.’’
Contrairement à l’idée qu’on s’en fait généralement, l’enjeu n’est qu’environnemental : il s’agit d’un nouveau modèle de développement qui repose tout d’abord sur une solidarité, entre les générations( préserver les ressources et l’état de la planète pour son prochain), mais également entre les peuples ( partager les richesses et ne pas laisser se creuser les écarts Nord-Sud). Pour cela, ce concept doit concilier les dimensions :
- économique, en maîtrisant la croissance et la mondialisation tout en conservant une efficacité économique ;
- sociale, en luttant contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités et en répondant aux besoins humains fondamentaux que sont l’alimentation, l’emploi, la santé, le logement ou encore l’éducation ;
- environnementale, enfin, en préservant les ressources naturelles et en veillant à une gestion responsable de l’environnement et des territoires.
Le concept se décline concrètement par la mise en œuvre de plusieurs principes fondateurs :
- le principe de précaution ( n’attendons pas l’irréparable pour agir),
- le principe de prévention ( mieux vaut prévenir que guéri),
- le principe de bonne gestion
- le principe de responsabilité ( celui qui dégrade doit réparer ),
- le principe de participation ( nous sommes tous responsables, acteurs et décideurs),
- le principe de solidarité ( léguons aux générations futures un monde enviable ).
Pour ce faire, il va falloir faire « mieux » avec « moins » pour que chacun puisse accéder à l’essentiel. Cela suppose, par exemple, de tendre vers une économie circulaire fondée sur le recyclage des déchets de matières premières.
Ainsi, au niveau individuel, c’est d’abord prendre conscience que si chacun a sa part de responsabilité dans la dégradation de la planète, chacun peut inversement changer de comportement pour réduire son impact écologique en commençant par ses gestes quotidiens : se déplacer, se chauffer, se nourrir… ne sont pas neutres. Réfléchir à ses choix et à ses comportements, cela donne aussi un sens à la vie.
Selon l’avis des experts, seul un développement tenant compte des trois piliers précités qui sont l’Environnement, l’Economie et le Social, pourra être considéré comme durable. Mais sa mise exige une nouvelle dynamique qui doit s’appuyer sur les six principes énumérés ci-dessus.
redaction@lafriqueliberee.info


De l’aide aux producteurs des pays pauvres
Les exportateurs agricoles dans les nations pauvres ont besoin de fonds et d’assistance technique pour se conformer aux normes de sécurité alimentaire dans le but d’accroître leur part de commerce mondial, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy et le président de la Banque mondiale Robert Zoellick étaient parmi les délégués à une conférence de haut niveau qui a pour thème ‘’ Mobiliser l’aide au commerce- un accent particulier sur l’Afrique’’ tenue du 1er au 2 octobre 2007 à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Cette conférence de haut niveau a regroupé l’OMC, la Banque mondiale, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement, les ministres africains du Commerce et des Finances, des cadres des parties organisatrices et des groupes commerciaux sous-régionaux du continent.
Il faut se rappeler que les séries de discussions sur le commerce mondial qui ont commencé à Doha depuis 2001, sous les auspices de l’OMC, avaient pour objectif de libéraliser le commerce mondial dans la perspective d’améliorer le développement des pays pauvres. Cette ambition de l’OMC ne sera pas suivie d’effet. Depuis ce temps, les négociations piétinent pour atteindre un échec total à cause de la persistance des Etats-Unis et de l’Union Européenne, de ne pas vouloir supprimer les subventions énormes qu’ils accordent à leurs agriculteurs. Il faut noter que ces subventions facilitent la surproduction et des prix bas contre lesquels les producteurs du Sud ne peuvent pas faire concurrence.
A la conférence de Dar Es Salaam , les discussions ont de nouveau porté sur les subventions : couper les subventions des Etats-Unis à l’agriculture, réduire les taxes agricoles dans les nations européennes et ouvrir les marchés des pays pauvres. Au terme des discussions, Pascal Lamy s’était dit optimiste du fait que les négociateurs s’étaient rapprochés d’un accord. Confirmant ainsi que toutes les préoccupations des uns et des autres trouveraient une solution d’ici à la fin de 2007. Il a conclu en disant que si cette étape est franchie, il serait possible qu’un traité final soit conclu avant la fin de 2008. Selon lui, la stratégie, encore à l’étape d’ébauche, est destinée à compléter la série de discussions de l’OMC sur le développement de Doha visant à libéraliser davantage les marchés des pays pauvres tout en réduisant les subventions accordées à l’agriculture dans les pays riches.
Concernant l’Aide au commerce, le directeur général de l’OMC a indiqué qu’elle constituait un complément et non un substitut aux nouvelles règles commerciales plus justes. Autrement dit elle n’est pas un sibstitut à une réussite du round de Doha sur le développement. Il a ajouté que l’Aide au commerce ne devrait pas détourner les ressources ou l’attention des programmes de réduction de la pauvreté.
L’idée qui sous-tend ‘’l’Aide au commerce’’ demande aux nations pauvres de proposer des plans d’action orientés vers des objectifs et aux donateurs de cibler leurs investissements pour combler les vides d’infrastructures et pour accorder l’expertise technique. L’Afrique subsaharienne obtient environ 10 milliards de dollars par an comme aide extérieure pour les infrastructures, mais a besoin presque du double de ces fonds, selon la Banque mondiale.
Certains observateurs estiment que ‘’l’Aide au commerce’’ est un nouveau slogan pour les mêmes initiatives anciennes de développement. D’autres confirment que les aides liées au commerce pourraient venir assorties de conditions et avoir des conséquences négatives pour les économies des pays pauvres.
Des exemples foisonnent comme têtards dans un étang sur le continent, pour illustrer les effets négatifs de cette aide : la production des minerais et du pétrole en Afrique est en grande partie contrôlée par des entreprises étrangères, ce qui signifie que peu de ses bénéfices se réalisent dans des pays producteurs de ces richesses naturelles.
L’Afrique abrite environ 13% de la population mondiale, mais juste 3% du commerce mondial. Le continent a connu une croissance économique atteignant la moyenne de 5% au cours des trois dernières années. Mais, il faut souligner que cette croissance n’a été obtenue que grâce aux prix des produits galopants et une demande forte de pétrole.
Le terme ‘’Aide au commerce’’ signifie l’aide en provenance des Etats riches. Elle devait améliorer la capacité des pays pauvres à vendre leurs biens à l’extérieur. Pour le moment, les agriculteurs de ces pays attendent les enveloppes.


Le deuxième sommet UE-Afrique à Lisbonne

Alpha Oumar Konaré de l'UA et José Manuel Barroso de l'UE
7 ans après celui du Caire, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne, les 53 pays de l’Afrique et d’autres dirigeants des organisations régionales, se sont donné rendez-vous, les 8et 9 décembre 2007, à Lisbonne au Portugal pour parler de coopération Nord-Sud. Mais les Africains ont dénoncé les accords de partenariats économiques (APE) voulus par Bruxelles.
En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la part des impôts et des cotisations de sécurité sociale en pourcentage des coûts totaux du travail a légèrement baissé pour la plupart des niveaux de rémunération entre 2000 et 2006, selon la dernière édition de la publication annuelle de l’OCDELes impôts sur les salaires. Néanmoins, les salariés de certains pays supportent des prélèvements identiques ou plus élevés, car ils sont passés dans des tranches d’imposition à taux supérieur du fait de l’augmentation de leur rémunération, ou parce que la valeur de certains abattements ou de certaines déductions, notamment au titre des enfants, s’est érodée.
Dans de nombreux pays de l’OCDE, la rémunération moyenne à plein temps a considérablement progressé entre 2000 et 2006, la dernière année pour laquelle on dispose de données comparables, puisque neuf pays – Corée, Grèce, Hongrie, Islande, Mexique, Portugal, République slovaque, République tchèque et Turquie – ont enregistré des hausses nominales supérieures à 40 %. Dans les pays où l’impôt augmente progressivement par tranche de revenu imposable, le relèvement des salaires au titre de l’inflation peut accroître la ponction fiscale, phénomène appelé « alourdissement automatique de la fiscalité », à moins que les tranches ne soient ajustées pour compenser l’inflation.
Même si, au cours de la période examinée, de nombreux pays ont abaissé leurs taux nominaux d’imposition ou introduit des allégements plus généreux, ces mesures n’ont souvent pas permis de réduire de manière significative l’impôt dû par les salariés. L’effet d’alourdissement automatique était particulièrement marqué lorsque les taux augmentent fortement à mesure que s’accroît la rémunération, ou lorsque la progression de la rémunération était supérieure à la moyenne.
Dans les pays de l’OCDE, les réformes fiscales ont eu tendance à bénéficier aux bas salaires. Dans quelques pays néanmoins – Allemagne, Australie, Canada, Corée,EtatsUnis, Islande, Luxembourg et Norvège , ce sont essentiellement les contribuables les plus aisés qui en ont profité. En outre, les titulaires de bas salaires peuvent en définitive payer plus d’impôts si les allégements fiscaux ciblés, comme les prestations ou crédits d’impôt liés à l’exercice d’un emploi, ne sont pas ajustés pour tenir compte de l’inflation. Lorsque de tels allégements fiscaux existent, l’alourdissement automatique peut réduire leur valeur, avec des répercussions particulièrement fortes sur les bas salaires.
En Allemagne, par exemple, la charge fiscale des contribuables non mariés dont la rémunération est inférieure ou égale à la moyenne n’a guère évolué entre 2000 et 2006, malgré les réformes fiscales. AuxEtatsUnis, les contribuables qui se situent dans les tranches supérieures de revenu ont vu leur ponction fiscale baisser de 1.6 point de pourcentage environ et ceux dont les gains sont inférieurs ou égaux à la moyenne ont constaté peu de changement, tandis qu’en Corée, en Grèce et au Mexique, le niveau d’imposition de pratiquement tous les contribuables s’est accru, malgré les réformes fiscales mises en œuvre pendant la période examinée (voir le tableau 1).
La publication Les impôts sur les salaires compare les prélèvements obligatoires dans les différents pays mesurés par le « coin fiscal », à savoir la différence entre les coûts de main-d’œuvre pour l’employeur et la rémunération nette après impôt du salarié, majorée des prestations en espèces éventuellement versées au titre de programmes publics de protection sociale.
En 2007, parmi les pays de l’OCDE, les coins fiscaux – impôts sur le revenu et cotisations de sécurité sociale – pour un célibataire dont la rémunération est égale à la moyenne étaient les plus élevés en Allemagne, en Belgique et en Hongrie, et les plus faibles en Corée, au Mexique et en NouvelleZélande. Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, la charge fiscale était la plus élevée en Grèce, en Hongrie et en Turquie, alors qu’elle était la plus faible en Irlande, en Islande et en NouvelleZélande, l’Irlande versant même une prime, sous la forme de prestations généreuses, par rapport au coût de maind’œuvre pour l’employeur.
En 2007, les célibataires sans enfants percevant le salaire moyen dans le secteur des services et les industries manufacturières supportaient un coin fiscal équivalent à 55.5 % du coût de leur travail pour leurs employeurs en Belgique, 54.4 % en Hongrie et 52.2 % en Allemagne, contre 15.3 % au Mexique, 19.6 % en Corée et 21.5 % en NouvelleZélande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 37.7 % (voir le tableau 2).
Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, le coin fiscal allait de 43.8 % en Hongrie, 42.7 % en Turquie et 42.6 % en Grèce, à -1.1 % en Irlande, 2.8 % en NouvelleZélande et 11.4 % en Islande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 27.3 % (voir le tableau 3).
Les journalistes peuvent obtenir une copie du rapport auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. + 33 1 4524 9700).Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Christopher Heady, Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE (tél. + 33145249322).
Le rapportest en vente en format papier ou en format électronique via la Librairie en ligne de l’OCDE. Les abonnés et les lecteurs des institutions abonnées peuvent consulter l'étude via
SourceOCDE.

La BAD reçoit 45 millions de NOK pour les programmes de l’IPPF-NEPAD
Le gouvernement norvégien a engagé 45 millions de NOK en faveur du Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) sur la période 2007-2009. Selon un communiqué récemment signé par M. Thorbjorn Gaustadsaether, Ambassadeur de Norvège en Tunisie, et contresigné par M. Modibo Touré, Secrétaire général de la BAD, la Banque a établi un programme d’activités pour le décaissement de ces fonds jusqu’en octobre 2009 : présentation de deux rapports annuels au Comité de surveillance de l’IPPF-NEPAD approuvés par le Conseil d’administration et de deux rapports d’activités semestriels. La première des cinq tranches a été décaissée le 20 décembre 2007 et le dernier décaissement devrait intervenir en octobre 2009.
Saluant cette première contribution du gouvernement norvégien, Mme Rosalind Thomas, Directrice du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce au Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré que « Cette initiative est une étape essentielle pour donner à l’IPPF-NEPAD les moyens d’accomplir sa mission. Elle démontre l’intérêt croissant suscité par le développement de l’infrastructure en Afrique. Nous remercions le gouvernement norvégien de cette contribution qui servira à financer la préparation d’importants projets d’infrastructure régionale en Afrique ».
Actuellement financé par le Canada et le Danemark, le Fonds spécial IPPF-NEPAD permet aux pays membres régionaux (PMR), aux communautés économiques régionales (CER) et à d’autres institutions intervenant dans le développement de l’infrastructure régionale à préparer des projets d’infrastructure régionale dans les domaines de l’énergie, de la gestion des ressources en eau transfrontières, du transport et des technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2007, le Fonds a mobilisé 22,5 millions de dollars et attend en 2008 une contribution de 6 millions de livres du DfID (Royaume-Uni) et de 2 millions d’euros de l’Allemagne pour le renforcement des capacités de développement de l’infrastructure dans les CER. Il cible, en outre, des pays comme le Japon, la Chine, l’Inde et un certain nombre de pays africains en vue de leur contribution. La BAD envisage de lui verser une contribution financière sur son revenu net.
L’IPPF-NEPAD soutient les activités du cycle des projets en vue de l’instauration durable d’un environnement propice au développement, de l’infrastructure et à la participation du secteur privé. Le Fonds apporte son concours aux initiatives de renforcement des capacités institutionnelles en vue de la mise en place d’un cadre porteur pour le développement de l’infrastructure. Les activités éligibles au financement sont les services de conseil, les études, l’assistance technique, les ateliers, les séminaires et, d’une manière générale, toute autre activité à caractère consultatif, technique et opérationnel ayant trait à la préparation de projets et programmes de développement de l’infrastructure dans le cadre du NEPAD.
L’IPPF-NEPAD
À la demande du Comité des chefs d’État et de gouvernement (HSGIC) chargé de la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en novembre 2001, la BAD a établi un programme de mise au point rapide des projets d’infrastructure nécessaires à l’accélération de l’intégration économique sous-régionale et continentale. C’est sur la base de ce programme – le plan d’action du NEPAD pour l’infrastructure – que le Fonds canadien pour l’Afrique (FCA) s’est engagé à créer à la Banque le Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) et a octroyé un don de 10 millions de dollars canadiens destiné à soutenir les activités de la Banque allant dans le sens de l’initiative du NEPAD, en particulier le développement de l’infrastructure. En plus d’abriter le fonds au sein du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce, la BAD fournit depuis 2001 une assistance technique et des services de conseil à l’appui de la mise en œuvre de l’initiative. Les ressources de l’IPPF-NEPAD ne sont pas liées et servent à préparer des projets et programmes d’infrastructure dans le cadre du NEPAD.


L’Afrique, la Dette et le Développement
La dette extérieure est en hausse depuis des décennies. Elle se chiffre en des milliers de milliards. Comme les milles promesses relatives à sa suppression n’ont jamais vu le jour, elle continue d’augmenter. Elle entrave le développement en détournant des sommes énormes d’un usage productif et en obligeant les Etats d’Afrique à adopter des politiques économiquement axées sur la gestion de la dette plutôt que sur un développement équilibré à long terme.
La recette classique du développement est d’emprunter de l’argent pour investir dans l’industrie, l’éducation et la croissance en général. Le paiement de la dette est censé reposer sur les futurs revenus engendrés par ces investissements. Mais, en Afrique, une gestion déplorable et des investissements malencontreux ont favorisé des projets sans avenir qui n’ont pas contribué à un développement équilibré ni généré de revenus suffisants.
Et, les Etats doivent maintenant rembourser sans pour autant disposer des revenus nécessaires ni d’une économie en expansion. Handicapés par les conséquences d’investissements erronés et les exigences de leurs créditeurs, ils sont incapables d’orienter leurs dépenses vers des améliorations à long terme de leurs infrastructures, et leur développement est étranglé.
Avec 10 milliards de dollars d’investissement dans le rendement énergétique et les nouvelles sources d’énergie sur le continent, par exemple, on obtiendrait 1750 milliards de dollars d’économie sur trente cinq ans tout en réduisant la pollution mais personne ne fait cet investissement. Une étude de la Banque mondiale montre que les investissements dans l’alphabétisation des femmes auraient un taux de rendement de 20% par an et favoriseraient une baisse de la mortalité infantile et une plus grande égalité, mais rien n’est fait dans ce sens non plus. Les occasions manquées de ce type sont nombreuses.
Aujourd’hui, les niveaux d’endettement restent préoccupants. La crise de la dette accélère le processus de paupérisation. Car le stock de dette, de plus en plus pesant, continue à faire obstacle à un retour des politiques orientées vers le développement.
Même si le financement international essaie de s’adapter à la situation, il demeure douteux qu’il soit en mesure de promouvoir le développement et la démocratie sur le continent africain. Car malgré les multiples remises de dettes et la transformation en dons de la plupart des financements extérieurs, les indicateurs d’endettement des pays africains se détériorent d’année en année.
Pour que la dette soit remboursée, il faut que nos pays endettés dégagent des excédents commerciaux vis-à-vis des pays créditeurs. Cela implique une croissance rapide des exportations de nos pays vers les pays industrialisés. Malheureusement, les importations de nos produits ne représentent qu’une très faible partie de la demande totale dans les pays du Nord.
redaction@lafriqueliberee.info


Le Développement Durable
Le nouveau slogan de la mondialisation
Tous les politiques émaillent leurs discours truffés de démagogie, de très belles idées qui parlent de Développement Durable. Mais l’homme de la rue s’interroge et demande ce que cela signifie. Mieux les ¾ des populations déclarent n’avoir jamais entendu l’expression « développement durable ». Pendant notre enquête sur le terrain, nous avons compris que parmi ceux qui connaissent cette notion, très peu sont ceux qui savent réellement de quoi il s’agit. Pour éclairer la lanterne des uns et des autres, nous nous sommes sacrifiés à l’exercice d’explication.
Le concept de développement durable est né en 1980 d’un constat très simple : le développement humain ne peut-être guidé par les seules considérations économiques, il est nécessaire de respecter certaines exigences sociales et écologiques. En 1987, le rapport de ‘’Notre avenir à tous’’ baptisé le Rapport Brundtland, du nom de l’ancienne présidente de la commission mondiale sue l’environnement et le développement, établi pour l’ONU définit pour la première fois le développement durable comme ‘’un développement qui s’efforce de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.’’
Contrairement à l’idée qu’on s’en fait généralement, l’enjeu n’est qu’environnemental : il s’agit d’un nouveau modèle de développement qui repose tout d’abord sur une solidarité, entre les générations( préserver les ressources et l’état de la planète pour son prochain), mais également entre les peuples ( partager les richesses et ne pas laisser se creuser les écarts Nord-Sud). Pour cela, ce concept doit concilier les dimensions :
- économique, en maîtrisant la croissance et la mondialisation tout en conservant une efficacité économique ;
- sociale, en luttant contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités et en répondant aux besoins humains fondamentaux que sont l’alimentation, l’emploi, la santé, le logement ou encore l’éducation ;
- environnementale, enfin, en préservant les ressources naturelles et en veillant à une gestion responsable de l’environnement et des territoires.
Le concept se décline concrètement par la mise en œuvre de plusieurs principes fondateurs :
- le principe de précaution ( n’attendons pas l’irréparable pour agir),
- le principe de prévention ( mieux vaut prévenir que guéri),
- le principe de bonne gestion
- le principe de responsabilité ( celui qui dégrade doit réparer ),
- le principe de participation ( nous sommes tous responsables, acteurs et décideurs),
- le principe de solidarité ( léguons aux générations futures un monde enviable ).
Pour ce faire, il va falloir faire « mieux » avec « moins » pour que chacun puisse accéder à l’essentiel. Cela suppose, par exemple, de tendre vers une économie circulaire fondée sur le recyclage des déchets de matières premières.
Ainsi, au niveau individuel, c’est d’abord prendre conscience que si chacun a sa part de responsabilité dans la dégradation de la planète, chacun peut inversement changer de comportement pour réduire son impact écologique en commençant par ses gestes quotidiens : se déplacer, se chauffer, se nourrir… ne sont pas neutres. Réfléchir à ses choix et à ses comportements, cela donne aussi un sens à la vie.
Selon l’avis des experts, seul un développement tenant compte des trois piliers précités qui sont l’Environnement, l’Economie et le Social, pourra être considéré comme durable. Mais sa mise exige une nouvelle dynamique qui doit s’appuyer sur les six principes énumérés ci-dessus.
redaction@lafriqueliberee.info


De l’aide aux producteurs des pays pauvres
Les exportateurs agricoles dans les nations pauvres ont besoin de fonds et d’assistance technique pour se conformer aux normes de sécurité alimentaire dans le but d’accroître leur part de commerce mondial, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy et le président de la Banque mondiale Robert Zoellick étaient parmi les délégués à une conférence de haut niveau qui a pour thème ‘’ Mobiliser l’aide au commerce- un accent particulier sur l’Afrique’’ tenue du 1er au 2 octobre 2007 à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Cette conférence de haut niveau a regroupé l’OMC, la Banque mondiale, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement, les ministres africains du Commerce et des Finances, des cadres des parties organisatrices et des groupes commerciaux sous-régionaux du continent.
Il faut se rappeler que les séries de discussions sur le commerce mondial qui ont commencé à Doha depuis 2001, sous les auspices de l’OMC, avaient pour objectif de libéraliser le commerce mondial dans la perspective d’améliorer le développement des pays pauvres. Cette ambition de l’OMC ne sera pas suivie d’effet. Depuis ce temps, les négociations piétinent pour atteindre un échec total à cause de la persistance des Etats-Unis et de l’Union Européenne, de ne pas vouloir supprimer les subventions énormes qu’ils accordent à leurs agriculteurs. Il faut noter que ces subventions facilitent la surproduction et des prix bas contre lesquels les producteurs du Sud ne peuvent pas faire concurrence.
A la conférence de Dar Es Salaam , les discussions ont de nouveau porté sur les subventions : couper les subventions des Etats-Unis à l’agriculture, réduire les taxes agricoles dans les nations européennes et ouvrir les marchés des pays pauvres. Au terme des discussions, Pascal Lamy s’était dit optimiste du fait que les négociateurs s’étaient rapprochés d’un accord. Confirmant ainsi que toutes les préoccupations des uns et des autres trouveraient une solution d’ici à la fin de 2007. Il a conclu en disant que si cette étape est franchie, il serait possible qu’un traité final soit conclu avant la fin de 2008. Selon lui, la stratégie, encore à l’étape d’ébauche, est destinée à compléter la série de discussions de l’OMC sur le développement de Doha visant à libéraliser davantage les marchés des pays pauvres tout en réduisant les subventions accordées à l’agriculture dans les pays riches.
Concernant l’Aide au commerce, le directeur général de l’OMC a indiqué qu’elle constituait un complément et non un substitut aux nouvelles règles commerciales plus justes. Autrement dit elle n’est pas un sibstitut à une réussite du round de Doha sur le développement. Il a ajouté que l’Aide au commerce ne devrait pas détourner les ressources ou l’attention des programmes de réduction de la pauvreté.
L’idée qui sous-tend ‘’l’Aide au commerce’’ demande aux nations pauvres de proposer des plans d’action orientés vers des objectifs et aux donateurs de cibler leurs investissements pour combler les vides d’infrastructures et pour accorder l’expertise technique. L’Afrique subsaharienne obtient environ 10 milliards de dollars par an comme aide extérieure pour les infrastructures, mais a besoin presque du double de ces fonds, selon la Banque mondiale.
Certains observateurs estiment que ‘’l’Aide au commerce’’ est un nouveau slogan pour les mêmes initiatives anciennes de développement. D’autres confirment que les aides liées au commerce pourraient venir assorties de conditions et avoir des conséquences négatives pour les économies des pays pauvres.
Des exemples foisonnent comme têtards dans un étang sur le continent, pour illustrer les effets négatifs de cette aide : la production des minerais et du pétrole en Afrique est en grande partie contrôlée par des entreprises étrangères, ce qui signifie que peu de ses bénéfices se réalisent dans des pays producteurs de ces richesses naturelles.
L’Afrique abrite environ 13% de la population mondiale, mais juste 3% du commerce mondial. Le continent a connu une croissance économique atteignant la moyenne de 5% au cours des trois dernières années. Mais, il faut souligner que cette croissance n’a été obtenue que grâce aux prix des produits galopants et une demande forte de pétrole.
Le terme ‘’Aide au commerce’’ signifie l’aide en provenance des Etats riches. Elle devait améliorer la capacité des pays pauvres à vendre leurs biens à l’extérieur. Pour le moment, les agriculteurs de ces pays attendent les enveloppes.


Le deuxième sommet UE-Afrique à Lisbonne

Alpha Oumar Konaré de l'UA et José Manuel Barroso de l'UE
7 ans après celui du Caire, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne, les 53 pays de l’Afrique et d’autres dirigeants des organisations régionales, se sont donné rendez-vous, les 8et 9 décembre 2007, à Lisbonne au Portugal pour parler de coopération Nord-Sud. Mais les Africains ont dénoncé les accords de partenariats économiques (APE) voulus par Bruxelles.
Même si, au cours de la période examinée, de nombreux pays ont abaissé leurs taux nominaux d’imposition ou introduit des allégements plus généreux, ces mesures n’ont souvent pas permis de réduire de manière significative l’impôt dû par les salariés. L’effet d’alourdissement automatique était particulièrement marqué lorsque les taux augmentent fortement à mesure que s’accroît la rémunération, ou lorsque la progression de la rémunération était supérieure à la moyenne.
Dans les pays de l’OCDE, les réformes fiscales ont eu tendance à bénéficier aux bas salaires. Dans quelques pays néanmoins – Allemagne, Australie, Canada, Corée,EtatsUnis, Islande, Luxembourg et Norvège , ce sont essentiellement les contribuables les plus aisés qui en ont profité. En outre, les titulaires de bas salaires peuvent en définitive payer plus d’impôts si les allégements fiscaux ciblés, comme les prestations ou crédits d’impôt liés à l’exercice d’un emploi, ne sont pas ajustés pour tenir compte de l’inflation. Lorsque de tels allégements fiscaux existent, l’alourdissement automatique peut réduire leur valeur, avec des répercussions particulièrement fortes sur les bas salaires.
En Allemagne, par exemple, la charge fiscale des contribuables non mariés dont la rémunération est inférieure ou égale à la moyenne n’a guère évolué entre 2000 et 2006, malgré les réformes fiscales. AuxEtatsUnis, les contribuables qui se situent dans les tranches supérieures de revenu ont vu leur ponction fiscale baisser de 1.6 point de pourcentage environ et ceux dont les gains sont inférieurs ou égaux à la moyenne ont constaté peu de changement, tandis qu’en Corée, en Grèce et au Mexique, le niveau d’imposition de pratiquement tous les contribuables s’est accru, malgré les réformes fiscales mises en œuvre pendant la période examinée (voir le tableau 1).
La publication Les impôts sur les salaires compare les prélèvements obligatoires dans les différents pays mesurés par le « coin fiscal », à savoir la différence entre les coûts de main-d’œuvre pour l’employeur et la rémunération nette après impôt du salarié, majorée des prestations en espèces éventuellement versées au titre de programmes publics de protection sociale.
En 2007, parmi les pays de l’OCDE, les coins fiscaux – impôts sur le revenu et cotisations de sécurité sociale – pour un célibataire dont la rémunération est égale à la moyenne étaient les plus élevés en Allemagne, en Belgique et en Hongrie, et les plus faibles en Corée, au Mexique et en NouvelleZélande. Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, la charge fiscale était la plus élevée en Grèce, en Hongrie et en Turquie, alors qu’elle était la plus faible en Irlande, en Islande et en NouvelleZélande, l’Irlande versant même une prime, sous la forme de prestations généreuses, par rapport au coût de maind’œuvre pour l’employeur.
En 2007, les célibataires sans enfants percevant le salaire moyen dans le secteur des services et les industries manufacturières supportaient un coin fiscal équivalent à 55.5 % du coût de leur travail pour leurs employeurs en Belgique, 54.4 % en Hongrie et 52.2 % en Allemagne, contre 15.3 % au Mexique, 19.6 % en Corée et 21.5 % en NouvelleZélande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 37.7 % (voir le tableau 2).
Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, le coin fiscal allait de 43.8 % en Hongrie, 42.7 % en Turquie et 42.6 % en Grèce, à -1.1 % en Irlande, 2.8 % en NouvelleZélande et 11.4 % en Islande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 27.3 % (voir le tableau 3).
Les journalistes peuvent obtenir une copie du rapport auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. + 33 1 4524 9700).Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Christopher Heady, Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE (tél. + 33145249322).
Le rapportest en vente en format papier ou en format électronique via la Librairie en ligne de l’OCDE. Les abonnés et les lecteurs des institutions abonnées peuvent consulter l'étude via
SourceOCDE.

La BAD reçoit 45 millions de NOK pour les programmes de l’IPPF-NEPAD
Le gouvernement norvégien a engagé 45 millions de NOK en faveur du Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) sur la période 2007-2009. Selon un communiqué récemment signé par M. Thorbjorn Gaustadsaether, Ambassadeur de Norvège en Tunisie, et contresigné par M. Modibo Touré, Secrétaire général de la BAD, la Banque a établi un programme d’activités pour le décaissement de ces fonds jusqu’en octobre 2009 : présentation de deux rapports annuels au Comité de surveillance de l’IPPF-NEPAD approuvés par le Conseil d’administration et de deux rapports d’activités semestriels. La première des cinq tranches a été décaissée le 20 décembre 2007 et le dernier décaissement devrait intervenir en octobre 2009.
Saluant cette première contribution du gouvernement norvégien, Mme Rosalind Thomas, Directrice du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce au Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré que « Cette initiative est une étape essentielle pour donner à l’IPPF-NEPAD les moyens d’accomplir sa mission. Elle démontre l’intérêt croissant suscité par le développement de l’infrastructure en Afrique. Nous remercions le gouvernement norvégien de cette contribution qui servira à financer la préparation d’importants projets d’infrastructure régionale en Afrique ».
Actuellement financé par le Canada et le Danemark, le Fonds spécial IPPF-NEPAD permet aux pays membres régionaux (PMR), aux communautés économiques régionales (CER) et à d’autres institutions intervenant dans le développement de l’infrastructure régionale à préparer des projets d’infrastructure régionale dans les domaines de l’énergie, de la gestion des ressources en eau transfrontières, du transport et des technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2007, le Fonds a mobilisé 22,5 millions de dollars et attend en 2008 une contribution de 6 millions de livres du DfID (Royaume-Uni) et de 2 millions d’euros de l’Allemagne pour le renforcement des capacités de développement de l’infrastructure dans les CER. Il cible, en outre, des pays comme le Japon, la Chine, l’Inde et un certain nombre de pays africains en vue de leur contribution. La BAD envisage de lui verser une contribution financière sur son revenu net.
L’IPPF-NEPAD soutient les activités du cycle des projets en vue de l’instauration durable d’un environnement propice au développement, de l’infrastructure et à la participation du secteur privé. Le Fonds apporte son concours aux initiatives de renforcement des capacités institutionnelles en vue de la mise en place d’un cadre porteur pour le développement de l’infrastructure. Les activités éligibles au financement sont les services de conseil, les études, l’assistance technique, les ateliers, les séminaires et, d’une manière générale, toute autre activité à caractère consultatif, technique et opérationnel ayant trait à la préparation de projets et programmes de développement de l’infrastructure dans le cadre du NEPAD.
L’IPPF-NEPAD
À la demande du Comité des chefs d’État et de gouvernement (HSGIC) chargé de la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en novembre 2001, la BAD a établi un programme de mise au point rapide des projets d’infrastructure nécessaires à l’accélération de l’intégration économique sous-régionale et continentale. C’est sur la base de ce programme – le plan d’action du NEPAD pour l’infrastructure – que le Fonds canadien pour l’Afrique (FCA) s’est engagé à créer à la Banque le Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) et a octroyé un don de 10 millions de dollars canadiens destiné à soutenir les activités de la Banque allant dans le sens de l’initiative du NEPAD, en particulier le développement de l’infrastructure. En plus d’abriter le fonds au sein du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce, la BAD fournit depuis 2001 une assistance technique et des services de conseil à l’appui de la mise en œuvre de l’initiative. Les ressources de l’IPPF-NEPAD ne sont pas liées et servent à préparer des projets et programmes d’infrastructure dans le cadre du NEPAD.


L’Afrique, la Dette et le Développement
La dette extérieure est en hausse depuis des décennies. Elle se chiffre en des milliers de milliards. Comme les milles promesses relatives à sa suppression n’ont jamais vu le jour, elle continue d’augmenter. Elle entrave le développement en détournant des sommes énormes d’un usage productif et en obligeant les Etats d’Afrique à adopter des politiques économiquement axées sur la gestion de la dette plutôt que sur un développement équilibré à long terme.
La recette classique du développement est d’emprunter de l’argent pour investir dans l’industrie, l’éducation et la croissance en général. Le paiement de la dette est censé reposer sur les futurs revenus engendrés par ces investissements. Mais, en Afrique, une gestion déplorable et des investissements malencontreux ont favorisé des projets sans avenir qui n’ont pas contribué à un développement équilibré ni généré de revenus suffisants.
Et, les Etats doivent maintenant rembourser sans pour autant disposer des revenus nécessaires ni d’une économie en expansion. Handicapés par les conséquences d’investissements erronés et les exigences de leurs créditeurs, ils sont incapables d’orienter leurs dépenses vers des améliorations à long terme de leurs infrastructures, et leur développement est étranglé.
Avec 10 milliards de dollars d’investissement dans le rendement énergétique et les nouvelles sources d’énergie sur le continent, par exemple, on obtiendrait 1750 milliards de dollars d’économie sur trente cinq ans tout en réduisant la pollution mais personne ne fait cet investissement. Une étude de la Banque mondiale montre que les investissements dans l’alphabétisation des femmes auraient un taux de rendement de 20% par an et favoriseraient une baisse de la mortalité infantile et une plus grande égalité, mais rien n’est fait dans ce sens non plus. Les occasions manquées de ce type sont nombreuses.
Aujourd’hui, les niveaux d’endettement restent préoccupants. La crise de la dette accélère le processus de paupérisation. Car le stock de dette, de plus en plus pesant, continue à faire obstacle à un retour des politiques orientées vers le développement.
Même si le financement international essaie de s’adapter à la situation, il demeure douteux qu’il soit en mesure de promouvoir le développement et la démocratie sur le continent africain. Car malgré les multiples remises de dettes et la transformation en dons de la plupart des financements extérieurs, les indicateurs d’endettement des pays africains se détériorent d’année en année.
Pour que la dette soit remboursée, il faut que nos pays endettés dégagent des excédents commerciaux vis-à-vis des pays créditeurs. Cela implique une croissance rapide des exportations de nos pays vers les pays industrialisés. Malheureusement, les importations de nos produits ne représentent qu’une très faible partie de la demande totale dans les pays du Nord.
redaction@lafriqueliberee.info


Le Développement Durable
Le nouveau slogan de la mondialisation
Tous les politiques émaillent leurs discours truffés de démagogie, de très belles idées qui parlent de Développement Durable. Mais l’homme de la rue s’interroge et demande ce que cela signifie. Mieux les ¾ des populations déclarent n’avoir jamais entendu l’expression « développement durable ». Pendant notre enquête sur le terrain, nous avons compris que parmi ceux qui connaissent cette notion, très peu sont ceux qui savent réellement de quoi il s’agit. Pour éclairer la lanterne des uns et des autres, nous nous sommes sacrifiés à l’exercice d’explication.
Le concept de développement durable est né en 1980 d’un constat très simple : le développement humain ne peut-être guidé par les seules considérations économiques, il est nécessaire de respecter certaines exigences sociales et écologiques. En 1987, le rapport de ‘’Notre avenir à tous’’ baptisé le Rapport Brundtland, du nom de l’ancienne présidente de la commission mondiale sue l’environnement et le développement, établi pour l’ONU définit pour la première fois le développement durable comme ‘’un développement qui s’efforce de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.’’
Contrairement à l’idée qu’on s’en fait généralement, l’enjeu n’est qu’environnemental : il s’agit d’un nouveau modèle de développement qui repose tout d’abord sur une solidarité, entre les générations( préserver les ressources et l’état de la planète pour son prochain), mais également entre les peuples ( partager les richesses et ne pas laisser se creuser les écarts Nord-Sud). Pour cela, ce concept doit concilier les dimensions :
- économique, en maîtrisant la croissance et la mondialisation tout en conservant une efficacité économique ;
- sociale, en luttant contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités et en répondant aux besoins humains fondamentaux que sont l’alimentation, l’emploi, la santé, le logement ou encore l’éducation ;
- environnementale, enfin, en préservant les ressources naturelles et en veillant à une gestion responsable de l’environnement et des territoires.
Le concept se décline concrètement par la mise en œuvre de plusieurs principes fondateurs :
- le principe de précaution ( n’attendons pas l’irréparable pour agir),
- le principe de prévention ( mieux vaut prévenir que guéri),
- le principe de bonne gestion
- le principe de responsabilité ( celui qui dégrade doit réparer ),
- le principe de participation ( nous sommes tous responsables, acteurs et décideurs),
- le principe de solidarité ( léguons aux générations futures un monde enviable ).
Pour ce faire, il va falloir faire « mieux » avec « moins » pour que chacun puisse accéder à l’essentiel. Cela suppose, par exemple, de tendre vers une économie circulaire fondée sur le recyclage des déchets de matières premières.
Ainsi, au niveau individuel, c’est d’abord prendre conscience que si chacun a sa part de responsabilité dans la dégradation de la planète, chacun peut inversement changer de comportement pour réduire son impact écologique en commençant par ses gestes quotidiens : se déplacer, se chauffer, se nourrir… ne sont pas neutres. Réfléchir à ses choix et à ses comportements, cela donne aussi un sens à la vie.
Selon l’avis des experts, seul un développement tenant compte des trois piliers précités qui sont l’Environnement, l’Economie et le Social, pourra être considéré comme durable. Mais sa mise exige une nouvelle dynamique qui doit s’appuyer sur les six principes énumérés ci-dessus.
redaction@lafriqueliberee.info


De l’aide aux producteurs des pays pauvres
Les exportateurs agricoles dans les nations pauvres ont besoin de fonds et d’assistance technique pour se conformer aux normes de sécurité alimentaire dans le but d’accroître leur part de commerce mondial, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy et le président de la Banque mondiale Robert Zoellick étaient parmi les délégués à une conférence de haut niveau qui a pour thème ‘’ Mobiliser l’aide au commerce- un accent particulier sur l’Afrique’’ tenue du 1er au 2 octobre 2007 à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Cette conférence de haut niveau a regroupé l’OMC, la Banque mondiale, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement, les ministres africains du Commerce et des Finances, des cadres des parties organisatrices et des groupes commerciaux sous-régionaux du continent.
Il faut se rappeler que les séries de discussions sur le commerce mondial qui ont commencé à Doha depuis 2001, sous les auspices de l’OMC, avaient pour objectif de libéraliser le commerce mondial dans la perspective d’améliorer le développement des pays pauvres. Cette ambition de l’OMC ne sera pas suivie d’effet. Depuis ce temps, les négociations piétinent pour atteindre un échec total à cause de la persistance des Etats-Unis et de l’Union Européenne, de ne pas vouloir supprimer les subventions énormes qu’ils accordent à leurs agriculteurs. Il faut noter que ces subventions facilitent la surproduction et des prix bas contre lesquels les producteurs du Sud ne peuvent pas faire concurrence.
A la conférence de Dar Es Salaam , les discussions ont de nouveau porté sur les subventions : couper les subventions des Etats-Unis à l’agriculture, réduire les taxes agricoles dans les nations européennes et ouvrir les marchés des pays pauvres. Au terme des discussions, Pascal Lamy s’était dit optimiste du fait que les négociateurs s’étaient rapprochés d’un accord. Confirmant ainsi que toutes les préoccupations des uns et des autres trouveraient une solution d’ici à la fin de 2007. Il a conclu en disant que si cette étape est franchie, il serait possible qu’un traité final soit conclu avant la fin de 2008. Selon lui, la stratégie, encore à l’étape d’ébauche, est destinée à compléter la série de discussions de l’OMC sur le développement de Doha visant à libéraliser davantage les marchés des pays pauvres tout en réduisant les subventions accordées à l’agriculture dans les pays riches.
Concernant l’Aide au commerce, le directeur général de l’OMC a indiqué qu’elle constituait un complément et non un substitut aux nouvelles règles commerciales plus justes. Autrement dit elle n’est pas un sibstitut à une réussite du round de Doha sur le développement. Il a ajouté que l’Aide au commerce ne devrait pas détourner les ressources ou l’attention des programmes de réduction de la pauvreté.
L’idée qui sous-tend ‘’l’Aide au commerce’’ demande aux nations pauvres de proposer des plans d’action orientés vers des objectifs et aux donateurs de cibler leurs investissements pour combler les vides d’infrastructures et pour accorder l’expertise technique. L’Afrique subsaharienne obtient environ 10 milliards de dollars par an comme aide extérieure pour les infrastructures, mais a besoin presque du double de ces fonds, selon la Banque mondiale.
Certains observateurs estiment que ‘’l’Aide au commerce’’ est un nouveau slogan pour les mêmes initiatives anciennes de développement. D’autres confirment que les aides liées au commerce pourraient venir assorties de conditions et avoir des conséquences négatives pour les économies des pays pauvres.
Des exemples foisonnent comme têtards dans un étang sur le continent, pour illustrer les effets négatifs de cette aide : la production des minerais et du pétrole en Afrique est en grande partie contrôlée par des entreprises étrangères, ce qui signifie que peu de ses bénéfices se réalisent dans des pays producteurs de ces richesses naturelles.
L’Afrique abrite environ 13% de la population mondiale, mais juste 3% du commerce mondial. Le continent a connu une croissance économique atteignant la moyenne de 5% au cours des trois dernières années. Mais, il faut souligner que cette croissance n’a été obtenue que grâce aux prix des produits galopants et une demande forte de pétrole.
Le terme ‘’Aide au commerce’’ signifie l’aide en provenance des Etats riches. Elle devait améliorer la capacité des pays pauvres à vendre leurs biens à l’extérieur. Pour le moment, les agriculteurs de ces pays attendent les enveloppes.


Le deuxième sommet UE-Afrique à Lisbonne

Alpha Oumar Konaré de l'UA et José Manuel Barroso de l'UE
7 ans après celui du Caire, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne, les 53 pays de l’Afrique et d’autres dirigeants des organisations régionales, se sont donné rendez-vous, les 8et 9 décembre 2007, à Lisbonne au Portugal pour parler de coopération Nord-Sud. Mais les Africains ont dénoncé les accords de partenariats économiques (APE) voulus par Bruxelles.
En Allemagne, par exemple, la charge fiscale des contribuables non mariés dont la rémunération est inférieure ou égale à la moyenne n’a guère évolué entre 2000 et 2006, malgré les réformes fiscales. AuxEtatsUnis, les contribuables qui se situent dans les tranches supérieures de revenu ont vu leur ponction fiscale baisser de 1.6 point de pourcentage environ et ceux dont les gains sont inférieurs ou égaux à la moyenne ont constaté peu de changement, tandis qu’en Corée, en Grèce et au Mexique, le niveau d’imposition de pratiquement tous les contribuables s’est accru, malgré les réformes fiscales mises en œuvre pendant la période examinée (voir le tableau 1).
La publication Les impôts sur les salaires compare les prélèvements obligatoires dans les différents pays mesurés par le « coin fiscal », à savoir la différence entre les coûts de main-d’œuvre pour l’employeur et la rémunération nette après impôt du salarié, majorée des prestations en espèces éventuellement versées au titre de programmes publics de protection sociale.
En 2007, parmi les pays de l’OCDE, les coins fiscaux – impôts sur le revenu et cotisations de sécurité sociale – pour un célibataire dont la rémunération est égale à la moyenne étaient les plus élevés en Allemagne, en Belgique et en Hongrie, et les plus faibles en Corée, au Mexique et en NouvelleZélande. Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, la charge fiscale était la plus élevée en Grèce, en Hongrie et en Turquie, alors qu’elle était la plus faible en Irlande, en Islande et en NouvelleZélande, l’Irlande versant même une prime, sous la forme de prestations généreuses, par rapport au coût de maind’œuvre pour l’employeur.
En 2007, les célibataires sans enfants percevant le salaire moyen dans le secteur des services et les industries manufacturières supportaient un coin fiscal équivalent à 55.5 % du coût de leur travail pour leurs employeurs en Belgique, 54.4 % en Hongrie et 52.2 % en Allemagne, contre 15.3 % au Mexique, 19.6 % en Corée et 21.5 % en NouvelleZélande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 37.7 % (voir le tableau 2).
Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, le coin fiscal allait de 43.8 % en Hongrie, 42.7 % en Turquie et 42.6 % en Grèce, à -1.1 % en Irlande, 2.8 % en NouvelleZélande et 11.4 % en Islande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 27.3 % (voir le tableau 3).
Les journalistes peuvent obtenir une copie du rapport auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. + 33 1 4524 9700).Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Christopher Heady, Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE (tél. + 33145249322).
Le rapportest en vente en format papier ou en format électronique via la Librairie en ligne de l’OCDE. Les abonnés et les lecteurs des institutions abonnées peuvent consulter l'étude via
SourceOCDE.

La BAD reçoit 45 millions de NOK pour les programmes de l’IPPF-NEPAD
Le gouvernement norvégien a engagé 45 millions de NOK en faveur du Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) sur la période 2007-2009. Selon un communiqué récemment signé par M. Thorbjorn Gaustadsaether, Ambassadeur de Norvège en Tunisie, et contresigné par M. Modibo Touré, Secrétaire général de la BAD, la Banque a établi un programme d’activités pour le décaissement de ces fonds jusqu’en octobre 2009 : présentation de deux rapports annuels au Comité de surveillance de l’IPPF-NEPAD approuvés par le Conseil d’administration et de deux rapports d’activités semestriels. La première des cinq tranches a été décaissée le 20 décembre 2007 et le dernier décaissement devrait intervenir en octobre 2009.
Saluant cette première contribution du gouvernement norvégien, Mme Rosalind Thomas, Directrice du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce au Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré que « Cette initiative est une étape essentielle pour donner à l’IPPF-NEPAD les moyens d’accomplir sa mission. Elle démontre l’intérêt croissant suscité par le développement de l’infrastructure en Afrique. Nous remercions le gouvernement norvégien de cette contribution qui servira à financer la préparation d’importants projets d’infrastructure régionale en Afrique ».
Actuellement financé par le Canada et le Danemark, le Fonds spécial IPPF-NEPAD permet aux pays membres régionaux (PMR), aux communautés économiques régionales (CER) et à d’autres institutions intervenant dans le développement de l’infrastructure régionale à préparer des projets d’infrastructure régionale dans les domaines de l’énergie, de la gestion des ressources en eau transfrontières, du transport et des technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2007, le Fonds a mobilisé 22,5 millions de dollars et attend en 2008 une contribution de 6 millions de livres du DfID (Royaume-Uni) et de 2 millions d’euros de l’Allemagne pour le renforcement des capacités de développement de l’infrastructure dans les CER. Il cible, en outre, des pays comme le Japon, la Chine, l’Inde et un certain nombre de pays africains en vue de leur contribution. La BAD envisage de lui verser une contribution financière sur son revenu net.
L’IPPF-NEPAD soutient les activités du cycle des projets en vue de l’instauration durable d’un environnement propice au développement, de l’infrastructure et à la participation du secteur privé. Le Fonds apporte son concours aux initiatives de renforcement des capacités institutionnelles en vue de la mise en place d’un cadre porteur pour le développement de l’infrastructure. Les activités éligibles au financement sont les services de conseil, les études, l’assistance technique, les ateliers, les séminaires et, d’une manière générale, toute autre activité à caractère consultatif, technique et opérationnel ayant trait à la préparation de projets et programmes de développement de l’infrastructure dans le cadre du NEPAD.
L’IPPF-NEPAD
À la demande du Comité des chefs d’État et de gouvernement (HSGIC) chargé de la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en novembre 2001, la BAD a établi un programme de mise au point rapide des projets d’infrastructure nécessaires à l’accélération de l’intégration économique sous-régionale et continentale. C’est sur la base de ce programme – le plan d’action du NEPAD pour l’infrastructure – que le Fonds canadien pour l’Afrique (FCA) s’est engagé à créer à la Banque le Fonds spécial pour la préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF-NEPAD) et a octroyé un don de 10 millions de dollars canadiens destiné à soutenir les activités de la Banque allant dans le sens de l’initiative du NEPAD, en particulier le développement de l’infrastructure. En plus d’abriter le fonds au sein du Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce, la BAD fournit depuis 2001 une assistance technique et des services de conseil à l’appui de la mise en œuvre de l’initiative. Les ressources de l’IPPF-NEPAD ne sont pas liées et servent à préparer des projets et programmes d’infrastructure dans le cadre du NEPAD.


L’Afrique, la Dette et le Développement
La dette extérieure est en hausse depuis des décennies. Elle se chiffre en des milliers de milliards. Comme les milles promesses relatives à sa suppression n’ont jamais vu le jour, elle continue d’augmenter. Elle entrave le développement en détournant des sommes énormes d’un usage productif et en obligeant les Etats d’Afrique à adopter des politiques économiquement axées sur la gestion de la dette plutôt que sur un développement équilibré à long terme.
La recette classique du développement est d’emprunter de l’argent pour investir dans l’industrie, l’éducation et la croissance en général. Le paiement de la dette est censé reposer sur les futurs revenus engendrés par ces investissements. Mais, en Afrique, une gestion déplorable et des investissements malencontreux ont favorisé des projets sans avenir qui n’ont pas contribué à un développement équilibré ni généré de revenus suffisants.
Et, les Etats doivent maintenant rembourser sans pour autant disposer des revenus nécessaires ni d’une économie en expansion. Handicapés par les conséquences d’investissements erronés et les exigences de leurs créditeurs, ils sont incapables d’orienter leurs dépenses vers des améliorations à long terme de leurs infrastructures, et leur développement est étranglé.
Avec 10 milliards de dollars d’investissement dans le rendement énergétique et les nouvelles sources d’énergie sur le continent, par exemple, on obtiendrait 1750 milliards de dollars d’économie sur trente cinq ans tout en réduisant la pollution mais personne ne fait cet investissement. Une étude de la Banque mondiale montre que les investissements dans l’alphabétisation des femmes auraient un taux de rendement de 20% par an et favoriseraient une baisse de la mortalité infantile et une plus grande égalité, mais rien n’est fait dans ce sens non plus. Les occasions manquées de ce type sont nombreuses.
Aujourd’hui, les niveaux d’endettement restent préoccupants. La crise de la dette accélère le processus de paupérisation. Car le stock de dette, de plus en plus pesant, continue à faire obstacle à un retour des politiques orientées vers le développement.
Même si le financement international essaie de s’adapter à la situation, il demeure douteux qu’il soit en mesure de promouvoir le développement et la démocratie sur le continent africain. Car malgré les multiples remises de dettes et la transformation en dons de la plupart des financements extérieurs, les indicateurs d’endettement des pays africains se détériorent d’année en année.
Pour que la dette soit remboursée, il faut que nos pays endettés dégagent des excédents commerciaux vis-à-vis des pays créditeurs. Cela implique une croissance rapide des exportations de nos pays vers les pays industrialisés. Malheureusement, les importations de nos produits ne représentent qu’une très faible partie de la demande totale dans les pays du Nord.
redaction@lafriqueliberee.info


Le Développement Durable
Le nouveau slogan de la mondialisation
Tous les politiques émaillent leurs discours truffés de démagogie, de très belles idées qui parlent de Développement Durable. Mais l’homme de la rue s’interroge et demande ce que cela signifie. Mieux les ¾ des populations déclarent n’avoir jamais entendu l’expression « développement durable ». Pendant notre enquête sur le terrain, nous avons compris que parmi ceux qui connaissent cette notion, très peu sont ceux qui savent réellement de quoi il s’agit. Pour éclairer la lanterne des uns et des autres, nous nous sommes sacrifiés à l’exercice d’explication.
Le concept de développement durable est né en 1980 d’un constat très simple : le développement humain ne peut-être guidé par les seules considérations économiques, il est nécessaire de respecter certaines exigences sociales et écologiques. En 1987, le rapport de ‘’Notre avenir à tous’’ baptisé le Rapport Brundtland, du nom de l’ancienne présidente de la commission mondiale sue l’environnement et le développement, établi pour l’ONU définit pour la première fois le développement durable comme ‘’un développement qui s’efforce de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.’’
Contrairement à l’idée qu’on s’en fait généralement, l’enjeu n’est qu’environnemental : il s’agit d’un nouveau modèle de développement qui repose tout d’abord sur une solidarité, entre les générations( préserver les ressources et l’état de la planète pour son prochain), mais également entre les peuples ( partager les richesses et ne pas laisser se creuser les écarts Nord-Sud). Pour cela, ce concept doit concilier les dimensions :
- économique, en maîtrisant la croissance et la mondialisation tout en conservant une efficacité économique ;
- sociale, en luttant contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités et en répondant aux besoins humains fondamentaux que sont l’alimentation, l’emploi, la santé, le logement ou encore l’éducation ;
- environnementale, enfin, en préservant les ressources naturelles et en veillant à une gestion responsable de l’environnement et des territoires.
Le concept se décline concrètement par la mise en œuvre de plusieurs principes fondateurs :
- le principe de précaution ( n’attendons pas l’irréparable pour agir),
- le principe de prévention ( mieux vaut prévenir que guéri),
- le principe de bonne gestion
- le principe de responsabilité ( celui qui dégrade doit réparer ),
- le principe de participation ( nous sommes tous responsables, acteurs et décideurs),
- le principe de solidarité ( léguons aux générations futures un monde enviable ).
Pour ce faire, il va falloir faire « mieux » avec « moins » pour que chacun puisse accéder à l’essentiel. Cela suppose, par exemple, de tendre vers une économie circulaire fondée sur le recyclage des déchets de matières premières.
Ainsi, au niveau individuel, c’est d’abord prendre conscience que si chacun a sa part de responsabilité dans la dégradation de la planète, chacun peut inversement changer de comportement pour réduire son impact écologique en commençant par ses gestes quotidiens : se déplacer, se chauffer, se nourrir… ne sont pas neutres. Réfléchir à ses choix et à ses comportements, cela donne aussi un sens à la vie.
Selon l’avis des experts, seul un développement tenant compte des trois piliers précités qui sont l’Environnement, l’Economie et le Social, pourra être considéré comme durable. Mais sa mise exige une nouvelle dynamique qui doit s’appuyer sur les six principes énumérés ci-dessus.
redaction@lafriqueliberee.info


De l’aide aux producteurs des pays pauvres
Les exportateurs agricoles dans les nations pauvres ont besoin de fonds et d’assistance technique pour se conformer aux normes de sécurité alimentaire dans le but d’accroître leur part de commerce mondial, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy et le président de la Banque mondiale Robert Zoellick étaient parmi les délégués à une conférence de haut niveau qui a pour thème ‘’ Mobiliser l’aide au commerce- un accent particulier sur l’Afrique’’ tenue du 1er au 2 octobre 2007 à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Cette conférence de haut niveau a regroupé l’OMC, la Banque mondiale, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement, les ministres africains du Commerce et des Finances, des cadres des parties organisatrices et des groupes commerciaux sous-régionaux du continent.
Il faut se rappeler que les séries de discussions sur le commerce mondial qui ont commencé à Doha depuis 2001, sous les auspices de l’OMC, avaient pour objectif de libéraliser le commerce mondial dans la perspective d’améliorer le développement des pays pauvres. Cette ambition de l’OMC ne sera pas suivie d’effet. Depuis ce temps, les négociations piétinent pour atteindre un échec total à cause de la persistance des Etats-Unis et de l’Union Européenne, de ne pas vouloir supprimer les subventions énormes qu’ils accordent à leurs agriculteurs. Il faut noter que ces subventions facilitent la surproduction et des prix bas contre lesquels les producteurs du Sud ne peuvent pas faire concurrence.
A la conférence de Dar Es Salaam , les discussions ont de nouveau porté sur les subventions : couper les subventions des Etats-Unis à l’agriculture, réduire les taxes agricoles dans les nations européennes et ouvrir les marchés des pays pauvres. Au terme des discussions, Pascal Lamy s’était dit optimiste du fait que les négociateurs s’étaient rapprochés d’un accord. Confirmant ainsi que toutes les préoccupations des uns et des autres trouveraient une solution d’ici à la fin de 2007. Il a conclu en disant que si cette étape est franchie, il serait possible qu’un traité final soit conclu avant la fin de 2008. Selon lui, la stratégie, encore à l’étape d’ébauche, est destinée à compléter la série de discussions de l’OMC sur le développement de Doha visant à libéraliser davantage les marchés des pays pauvres tout en réduisant les subventions accordées à l’agriculture dans les pays riches.
Concernant l’Aide au commerce, le directeur général de l’OMC a indiqué qu’elle constituait un complément et non un substitut aux nouvelles règles commerciales plus justes. Autrement dit elle n’est pas un sibstitut à une réussite du round de Doha sur le développement. Il a ajouté que l’Aide au commerce ne devrait pas détourner les ressources ou l’attention des programmes de réduction de la pauvreté.
L’idée qui sous-tend ‘’l’Aide au commerce’’ demande aux nations pauvres de proposer des plans d’action orientés vers des objectifs et aux donateurs de cibler leurs investissements pour combler les vides d’infrastructures et pour accorder l’expertise technique. L’Afrique subsaharienne obtient environ 10 milliards de dollars par an comme aide extérieure pour les infrastructures, mais a besoin presque du double de ces fonds, selon la Banque mondiale.
Certains observateurs estiment que ‘’l’Aide au commerce’’ est un nouveau slogan pour les mêmes initiatives anciennes de développement. D’autres confirment que les aides liées au commerce pourraient venir assorties de conditions et avoir des conséquences négatives pour les économies des pays pauvres.
Des exemples foisonnent comme têtards dans un étang sur le continent, pour illustrer les effets négatifs de cette aide : la production des minerais et du pétrole en Afrique est en grande partie contrôlée par des entreprises étrangères, ce qui signifie que peu de ses bénéfices se réalisent dans des pays producteurs de ces richesses naturelles.
L’Afrique abrite environ 13% de la population mondiale, mais juste 3% du commerce mondial. Le continent a connu une croissance économique atteignant la moyenne de 5% au cours des trois dernières années. Mais, il faut souligner que cette croissance n’a été obtenue que grâce aux prix des produits galopants et une demande forte de pétrole.
Le terme ‘’Aide au commerce’’ signifie l’aide en provenance des Etats riches. Elle devait améliorer la capacité des pays pauvres à vendre leurs biens à l’extérieur. Pour le moment, les agriculteurs de ces pays attendent les enveloppes.


Le deuxième sommet UE-Afrique à Lisbonne

Alpha Oumar Konaré de l'UA et José Manuel Barroso de l'UE
7 ans après celui du Caire, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne, les 53 pays de l’Afrique et d’autres dirigeants des organisations régionales, se sont donné rendez-vous, les 8et 9 décembre 2007, à Lisbonne au Portugal pour parler de coopération Nord-Sud. Mais les Africains ont dénoncé les accords de partenariats économiques (APE) voulus par Bruxelles.
En 2007, parmi les pays de l’OCDE, les coins fiscaux – impôts sur le revenu et cotisations de sécurité sociale – pour un célibataire dont la rémunération est égale à la moyenne étaient les plus élevés en Allemagne, en Belgique et en Hongrie, et les plus faibles en Corée, au Mexique et en NouvelleZélande. Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, la charge fiscale était la plus élevée en Grèce, en Hongrie et en Turquie, alors qu’elle était la plus faible en Irlande, en Islande et en NouvelleZélande, l’Irlande versant même une prime, sous la forme de prestations généreuses, par rapport au coût de maind’œuvre pour l’employeur.
En 2007, les célibataires sans enfants percevant le salaire moyen dans le secteur des services et les industries manufacturières supportaient un coin fiscal équivalent à 55.5 % du coût de leur travail pour leurs employeurs en Belgique, 54.4 % en Hongrie et 52.2 % en Allemagne, contre 15.3 % au Mexique, 19.6 % en Corée et 21.5 % en NouvelleZélande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 37.7 % (voir le tableau 2).
Pour un couple marié à salaire unique ayant deux enfants et dont la rémunération est égale à la moyenne, le coin fiscal allait de 43.8 % en Hongrie, 42.7 % en Turquie et 42.6 % en Grèce, à -1.1 % en Irlande, 2.8 % en NouvelleZélande et 11.4 % en Islande. La moyenne pour les pays de l’OCDE était de 27.3 % (voir le tableau 3).
Les journalistes peuvent obtenir une copie du rapport auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. + 33 1 4524 9700).Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Christopher Heady, Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE (tél. + 33145249322).
Le rapportest en vente en format papier ou en format électronique via la Librairie en ligne de l’OCDE. Les abonnés et les lecteurs des institutions abonnées peuvent consulter l'étude via
SourceOCDE.










Alpha Oumar Konaré de l'UA et José Manuel Barroso de l'UE
7 ans après celui du Caire, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne, les 53 pays de l’Afrique et d’autres dirigeants des organisations régionales, se sont donné rendez-vous, les 8et 9 décembre 2007, à Lisbonne au Portugal pour parler de coopération Nord-Sud. Mais les Africains ont dénoncé les accords de partenariats économiques (APE) voulus par Bruxelles.
Ce sommet a été reporté à plusieurs reprises, essentiellement en raison de l’opposition de la Grande-Bretagne à la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe, accusé de ‘’violation des droits de l’homme’’ dans son pays.
Du Caire à Lisbonne, c’est un long parcours mal entretenu dans les relations bilatérales entre l’UE et l’Afrique.
Il faut souligner que le premier sommet UE-Afrique qui s’est tenu au Caire en 2000, également sous la présidence portugaise, avait adopté la Déclaration du Caire et le Plan d’action du Caire. D’après les conclusions, ce sommet devait amorcer un dialogue politique plus structuré entre l’UE et l’Afrique.
Plus tard, en fin 2005, la Commission européenne (CE, exécutif de l’UE), et le Conseil européen ont respectivement adopté la stratégie de l’UE pour l’Afrique. L’objectif de cette stratégie était de mettre en place un cadre stratégique pour tous les acteurs de l’UE et de confirmer que le développement de l’Afrique était l’une des principales priorités politiques de l’UE.
En juin 2007, la Commission européenne a adopté la Communication du Caire à Lisbonne, ‘’Le partenariat stratégique UE-Afrique’’. Ce texte souligne que si l’UE veut rester un partenaire privilégié de l’Afrique et tirer le meilleur parti de ses relations avec elle, elle doit être prête à renforcer et, dans certains domaines, à réinventer la relation actuelle au plan institutionnel et culturel.
Si l’adoption en 2005 de la stratégie de l’UE pour l’Afrique constituait une première étape importante, le temps est maintenant venu de passer d’une stratégie pour l’Afrique à un partenariat politique avec l’Afrique. Ainsi, en 2007, l’UE et l’Afrique vont travailler donc de concert au renforcement de leur coopération au plan politique, et poser les fondements d’un partenariat stratégique à long terme.
Selon la Commission européenne, ce deuxième sommet UE-Afrique a pour but de ‘’ mettre en place un vrai partenariat sur la base du dialogue politique et qui se traduit par des actions concrètes dans des domaines d’intérêt mutuel tels que la paix et la sécurité, le développement, le changement climatique, l’énergie et l’immigration’’.
Et, ils étaient quelque 70 chefs d’Etat et de gouvernement, le samedi matin à Lisbonne, pour l’ouverture de ce deuxième sommet UE-Afrique. Cette fois-ci, les représentants africains ont tenu droit dans leurs bottes.
Le discours prononcé par Alpha Oumar Konaré a sonné fort dans les méninges de tous les Africains. Car il a mis l’accent sur tout ce qui sépare aujourd’hui l’Europe, contient vieux, riche, fatigué, sans souffle ni projet, de l’Afrique, contient jeune, pauvre, mais convoité pour ses richesses et sûr de sa croissance à venir. Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), a rappelé l’ « exigence d’un devoir de mémoire envers la traite négrière, la colonisation, l’apartheid et le génocide rwandais ». Il a passé en revue les guerres sur le continent, rendu hommage aux clandestins morts de Ceuta, Mellila et aux Canaries. « L’Afrique n’a pas besoin de charité ni de paternalisme. » Elle veut devenir un partenaire à part entière, au Conseil de sécurité de l’ONU comme dans la mondialisation des échanges, a martelé Konaré.
Son homologue européen, Manuel Barroso, dans sa réponse est revenu sur ce pourquoi les l’UE ne doit pas lâcher l’Afrique : Accords de partenariat économique (APE), partenariat stratégique, réchauffement climatique.
Alors, il faut comprendre que les préoccupations ne sont pas les mêmes. Le dialogue de sourds s’était installé. C’est sur la question des échanges commerciaux que le bras de fer a été plus vif. L’Afrique et l’UE ont jusqu’au 31 décembre pour mettre leurs accords préférentiels en conformité avec l’Organisation mondiale du commerce. Pour les pays à revenus intermédiaires (Côte d’Ivoire, Cameroun, Namibie, Ghana ou Kenya), les nouvelles règles se traduiront dès le 1er janvier 2008 par des amendes ou une perte dramatique de revenus fiscaux.
L’UE a entrepris de signer des APE avec la plupart des pays africains. Mais à cause des réticences africaines, Bruxelles a négocié pays par pays au lieu de traiter avec des sous-ensembles régionaux, à l’exception de l’Afrique australe et de l’Est. La Côte d’Ivoire vient de signer un accord intérimaire, le Cameroun et le Gabon sont sur le point de le faire. Une méthode jugée par les Africains comme une politique commerciale de la canonnière. Et le président sénégalais Abdoulaye Wade, de dire : « Même si quelques pays ont signé, ça ne change rien, l’Afrique n’est pas d’accord sur les accords de partenariat économique. » Puis il a lancé un appel pour une grande rencontre euro-africaine le 15décembre à Accra au Ghana pour discuter de la question.
Malgré les critiques des Africains, la Commission européenne a continué à défendre ses accords. Ces accords ‘’transformeront notre relation commerciale en un partenariat sain, diversifié et orienté vers le développement’’, a assuré une nouvelle fois le président de la Commission José Manuel Barroso.
Ce sommet a permis aux Européens de comprendre que les Africains ne veulent plus se laisser dicter les conduites à tenir sur le terrain de la recherche au développement. Et comme l’a rappelé Alpha Oumar Konaré, l’Afrique tisse aussi des partenariats avec la Chine, l’Amérique latine, l’Inde, le Japon, la Turquie, les pays arabes et même l’Iran.
Toutefois, la pression continue dans les deux camps. Mais l’UE tient à son APE. L’Afrique a-t-elle besoin de l’Union européenne pour prendre en compte son développement ?
Sossé SOSSOU
