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Darfour : Où est la ‘’la force hybride’’ ?

 

Si la force hybride de maintien de la paix constituée par l’Onu et l’Union africaine ne se déploie pas, le Darfour pourrait s’enfoncer dans une nouvelle spirale de violences, a déclaré samedi le samedi 1er décembre, le commandant de cette mission.

 Après des mois de menaces, de négociations et de tractations, Khartoum a finalement donné son accord à la mise sur pied de cette force hybride Onu/UA, mais obtenu en échange de la communauté internationale d’importantes concessions.

Cette mission de maintien de la paix doit succéder à la fin de l’année à l’opération actuelle de l’UA, dont 7000 hommes mal équipés ont été incapables d’enrayer le conflit au Darfour.

 ‘’Si les populations sont déçues, leur déception pourrait s’exprimer de bien des manières, dont l’une pourrait être la violence, ce qui nous ramènerait au point de départ,’’ a dit le commandant Martin Luther Agwai.

Dans la première quinzaine de novembre, Jean-Marie Guéhenno, chef des opérations de maintien de la paix de l’Onu, déclarait à la presse : ‘’Le temps nous est compté. ‘’ Il a fait cette déclaration à l’issue de discussions au Conseil de sécurité sur le déploiement de cette force hybride de quelque 26000hommes.

Mais sur le terrain, le gouvernement soudanais continue sa politique d’entrave, et impose des restrictions matérielles et légales de tous ordres, en dépit de ses engagements et de la nécessité accrue de protéger les populations civiles sur le terrain, rapporte Jean-Marie Guéhenno.

 Selon la même source, la réticence du gouvernement de Khartoum ces dernières semaines ne facilite pas les préparatifs sur le terrain pour la MINUAD. Les autorités insistent toujours sur le caractère purement africain de la Force. Il déplore le rejet du bataillon d’infanterie de la Thaïlande, des forces spéciales du Népal et de la compagnie d’ingénierie nordique, par le gouvernement soudanais.

Le 14 novembre, M. Guéhenno a dit au Conseil de sécurité qu’il n’y pas d’alternatives à l’inclusion de ces unités bien entraînées et bien équipées. Il a saisi la même occasion pour souligner qu’il a obtenu de l’Ethiopie et de l’Egypte un déploiement d’éléments avancés de leurs forces pour début janvier 2008.

Par ailleurs, le Secrétaire général adjoint a qualifié de « très préoccupantes » les déclarations des hauts représentants du gouvernement « remettant en question l’approche de l’UA et de l’ONU concernant la composition de la Force », surtout en l’absence de clarification officielle du gouvernement.

 Pourtant, il y a cinq mois (17 juin), à Khartoum, le Conseil de sécurité a reçu du président Bachir l’accord aux plans de l’Onu et de l’UA pour l’établissement d’une opération de maintien de la paix au Darfour, sans conditions préalables. Au cours de la visite du Secrétaire général au Soudan en septembre, le président Bachir lui a donné l’assurance personnelle que son gouvernement faciliterait le déploiement de l’Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD), a déclaré le Secrétaire général aux opérations lors de la séance de fin novembre du Conseil de sécurité.

 Aujourd’hui, la situation se complique sur le terrain. Le déploiement de la future force ONU-UA au Darfour sera retardé. Le bouc émissaire est tout trouvé. La semaine dernière, le directeur du département des opérations du maintien de la paix de l’Onu (DOMP), Jean-Marie Guéhenno, a déclaré que le gouvernement soudanais posait de telles restrictions que le déploiement même de cette force hybride censée compter 26.000 hommes était menacé.

Interrogé sur la question, le commandant de la mission, Martin Luther Agwai a répondu : ‘’Cela me perturbe et cela m’inquiète’’.

 Les retards d’ores et déjà pris dans le déploiement de la force à venir sont tels que le calendrier initialement prévu est désormais décalé de plusieurs mois. Dans le meilleur des cas, Agwai disposera début 2008 de 6.500 soldats et peut-être 3.000 policiers.

‘’Si vous considérez que ces 9.000 hommes devront accomplir la tâche assignée à 26.000 hommes au moins, vous verrez à quel point cette tâche est herculéenne’’, a-t-il déclaré.

 Martin Luther Agwai a par ailleurs dit sa surprise de voir que les nations occidentales n’avaient pas fourni les 24 hélicoptères demandés dans le cadre de cette mission, des hélicoptères pourtant essentiels à la protection des soldats de la paix et des populations du Darfour.

‘’Je pensais pourtant qu’avec toutes ces souffrances, les soutiens afflueraient’’, a-t-il dit.

Le battage dans les médias et la mobilisation politique autour de la crise du Darfour font que personne n’ignore le conflit qui se déroule dans cette région du Soudan. Pourtant, les conditions de vie dans de nombreux camps et zones rurales se sont détériorées, l’insécurité restant une préoccupation majeure pour la plupart des déplacés. La situation devient de jour en jour très complexe.

Tout le monde reconnaît que le processus de paix pour le Darfour est maintenant irréversible. Mais les conflits tribaux relatifs aux terres et à l’eau persistent. Les tensions dans les camps des réfugiés s’aggravent. Les raids épisodiques des forces gouvernementales dans les camps se poursuivent et font des morts et des blessés.

Face à la gravité de la situation, la mise en œuvre de la résolution1769 souffre de la position confusion qu’entretient le gouvernement soudanais avec le Conseil de sécurité.

Le chapitre 7 de la Charte de l’ONU mérite dans ce cas précis mérite sa pleine et entière application.

redaction@lafriqueliberee.info

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